La durabilité entre au coeur des entreprises en 2027 (Etude)

La durabilité entre au coeur de l’entreprise en 2027 ( étude)

Par Houmi Ahamed

Une étude menée récemment par Sidièse auprès de 200 dirigeants et professionnels de la durabilité le révèle : la durabilité entre au cœur de l’entreprise en 2027. Cette étude, l’’Heureux-Scope 2027 (EPSA / PRODURABLE), a été rédigée par Nicolas Perdrix, Associé EPSA Sustainability et Directeur général de Sidièse.

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Un baromètre se projetant sur 3 ans

PRODURABLE et EPSA ont interrogé 200 dirigeants, responsables RSE, ESG et professionnels de la transformation et de l’engagement, d’après un baromètre se projetant sur 3 ans. Avec une note moyenne d’optimisme s’établissant à 5,62 sur 10, les professionnels sondés affichent une lucidité mesurée plutôt qu’un enthousiasme béat. Toutefois, cette apparente réserve masque une dynamique de fond bien plus profonde.

La donne sera différente en 2027. Climat, énergie, eau, ressources, vulnérabilité des actifs ou continuité des chaînes d’approvisionnement deviennent des éléments centraux de l’entreprise. En effet, 56 % des sondés identifient la hausse des risques climatiques physiques et la résilience des actifs comme des facteurs clés de transformation d’ici 2027, tandis que 51 % pointent la volatilité du coût de l’énergie et des ressources critiques. Parallèlement, 76 % placent le déficit d’engagement politique au sommet de leurs préoccupations. Un contraste saisissant s’impose alors : une pression accrue des réalités du terrain face à un manque d’ambition venu d’en haut.

L’adaptation s’impose

L’adaptation s’impose comme un nouveau mot d’ordre. 64 % des répondants choisissent « adaptation » pour décrire la durabilité en entreprise en 2027. 53,5 % pensent que les entreprises vont accélérer sur l’adaptation climatique de leurs opérations et chaînes de valeur, tandis que 36,5 % voient monter l’adaptation des territoires et des activités.

L’atténuation reste indispensable, mais elle ne suffit plus. Le rapport soulève ainsi des questions cruciales : quels sites pourront encore fonctionner à l’identique ? Quels fournisseurs deviennent vulnérables ? Quels métiers devront évoluer ? Quels investissements faut-il engager aujourd’hui pour éviter des coûts bien plus importants demain ?
Après la décennie des trajectoires carbone pourrait ainsi s’ouvrir celle de l’adaptation, où climat, actifs, territoires, chaînes de valeur, compétences et CAPEX devront être pensés ensemble.

L’eau, un enjeu stratégique

Cette bascule apparaît particulièrement nettement avec l’eau. Cette ressource devient un enjeu stratégique majeur. En effet, 64 % des répondants la situent au croisement de sa disponibilité, de sa qualité et des conflits d’usage. Elle figure en tête des sujets encore relativement discrets susceptibles de prendre de l’importance.

De plus, 18 % font spontanément émerger le risque hydrique comme un sujet clé de décision et de continuité d’activité dans leurs réponses ouvertes. Le changement ne consiste donc plus seulement à mesurer des mètres cubes consommés. Il s’agit désormais de se demander : quelle part du chiffre d’affaires dépend directement ou indirectement d’un accès fiable à l’eau ?

Cette ressource pourrait ainsi quitter progressivement le seul tableau de bord environnemental pour entrer au cœur des décisions d’investissement, d’approvisionnement et de continuité d’activité.

La robustesse, nouveau référentiel

Un autre mot s’élève : la robustesse. Non pas comme un renoncement à la performance, mais comme une remise en cause de sa définition exclusivement réductrice. 61 % des professionnels interrogés pensent que les entreprises vont accélérer sur la sécurisation des ressources stratégiques, et 34 % choisissent déjà la résilience parmi les mots qui décriront le mieux la durabilité en entreprise en 2027.

L’entreprise performante de demain ne sera peut-être plus seulement celle qui optimise ses ressources lorsque tout fonctionne normalement. Ce sera aussi celle qui sait continuer à produire, servir ses clients, protéger ses salariés et créer de la valeur lorsque les conditions se dégradent. La question change : quelles fonctions critiques doivent continuer à fonctionner même lorsque les hypothèses du plan ne tiennent plus ?

La transformation, nouveau visage de la durabilité ?

37,5 % des répondants choisissent ce mot pour décrire la durabilité en 2027. 29,3 % anticipent une accélération de l’économie circulaire, et 25,4 % une transformation des modèles économiques et industriels. Les réponses ouvertes déplacent même le sujet. Sobriété, renoncements, remise en cause de la logique de volume ou abandon de certaines offres apparaissent dans les scénarios envisagés.

Dans un monde limité, la question n’est donc plus seulement de savoir quels sont les moyens de réduire l’impact du modèle existant, mais parfois quelles parties du modèle faut-il diversifier, adapter ou transformer pour le pérenniser?

La finance, dans la transition

Cette nouvelle grammaire de la durabilité force l’entreprise à se positionner indique l’étude. 52,5 % des répondants voient la direction financière comme un acteur clé des décisions de durabilité. 39 % anticipent un pilotage renforcé par les données ESG. 21 % prévoient une intégration accrue dans l’allocation du capital.

Les sujets complexes se dessinent. Risques climatiques, adaptation et dépendances deviennent des enjeux d’OPEX, de CAPEX et de valeur des actifs.

Le contrat social, véritable front de la durabilité

La durabilité se déplace ainsi du reporting vers l’arbitrage économique. Son rôle est différent. La RSE n’est pas confiée à la finance, mais elle intègre ses conséquences dans les décisions ordinaires de l’entreprise.

Derrière la transformation des modèles se joue une autre bataille : celle de la relation de travail. Sur ce point, les données de l’étude convergent nettement : 62 % des répondants placent le partage plus équitable de la valeur en tête des leviers d’engagement, devant la quête de sens (57 %), les conditions de travail (43 %) ou l’adaptation des métiers à l’IA (42 %).

Parallèlement, 58 % des professionnels identifient les tensions économiques et la précarité comme le premier risque d’érosion de ce lien. Fiche de paie, santé mentale, employabilité et IA : les transitions écologique, économique et technologique percutent désormais de plein fouet le contrat social. En 2027, la soutenabilité d’une entreprise se mesurera autant sur la fiche de paie que sur son bilan carbone.

« Entrer dans le système d’exploitation de l’entreprise »

Ce basculement marque un tournant pragmatique, comme le résume Nicolas Perdrix, Associé EPSA Sustainability et Directeur général de Sidièse :

« Ce que nous racontent ces 200 professionnels, c’est peut-être la fin d’un premier âge de la RSE : celui des grands engagements, des trajectoires et d’une transformation encore largement portée par des spécialistes. Un autre commence, plus physique, plus économique, plus opérationnel. Quand l’eau devient une dépendance stratégique, quand le climat entre dans la valeur des actifs, quand la finance arbitre des investissements d’adaptation, quand les achats sécurisent les ressources et quand la communication doit organiser la preuve, la durabilité n’est pas moins importante. »

In 2013, Houmi Ahamed founded Era Environnement, an independent media platform dedicated to solutions journalism and environmental education. The project has evolved from a non‑profit initiative to an entrepreneurial venture. It is currently undergoing restructuring in France. The goal is to strengthen its mission of supporting youth and communities in ecological transition.

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