COP 28 : Coup d’envoi de la Semaine africaine du climat

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COP 28 : Coup d’envoi de la Semaine africaine du climat

L’Africa Climate Week 2023 (ACW) à Nairobi accueille cette semaine du 4 au 8 septembre 2023 des décideurs, des praticiens, des représentants du monde des affaires et de la société civile, en parallèle du Sommet africain sur le climat, organisé simultanément du 4 au 6 septembre par le gouvernement du Kenya. Explications

Par Houmi AHAMED-MIKIDACHE

La Semaine africaine du climat, tenue à Nairobi cette semaine, est disposée à créer un élan vers des résultats positifs et percutants lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP28) à Dubaï, prévue aux Émirats arabes unis, souligne les organisateurs dans un communiqué de presse reçu par Era Environnement ce lundi.

Nairobi, Centre de conférence Kenyatta International Convention Center- Crédit Photo: Houmi AHAMED-MIKIDACHE

Alors que le monde est aux prises avec les défis urgents posés par le changement climatique, l’objectif de la Semaine africaine du climat est de faire face à la crise climatique urgente par le biais de la coopération et d’initiatives avant-gardistes pour stimuler le changement, selon les organisateurs de cette semaine africaine, trois jours après la 11e Conférence sur le développement climatique, qui s’est tenue également à Nairobi.

Vers une transformation durable ?

La croissance verte et le développement durable seront abordés au cours de cette semaine, en mettant l’accent sur l’énergie propre, les minéraux clés, l’agriculture et le capital naturel et humain. Les chefs d’Etat africains et la société civile africaine sont à la recherche d’investissements dans ces secteurs, quelques mois avant la COP 28 prévue du 30 novembre au 12 décembre prochain.

« Face aux défis profonds posés par le changement climatique en Afrique, nous sommes inébranlables dans notre engagement à faire face à cette menace existentielle pour toute l’humanité », a déclaré le président du Kenya, William Ruto hôte du sommet et de la semaine africaine sur le climat à Nairobi.

Mais son espoir est-il justifié ? REN 21, un réseau mondial d’acteurs, a repris dans un rapport publié le 13 juin dernier les informations du scénario de carbone neutralité de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA). Selon le scénario de 1,5 degré Celsius, l’électricité ne fournira que la moitié de l’énergie finale mondiale en 2050. Par conséquent, rapporte REN21, les efforts en matière d’énergie renouvelable doivent être accélérés.

Dans son analyse, REN21 affirme que la Chine abrite 44% du déploiement des énergies renouvelables, tandis que l’Afrique et le Moyen-Orient ne compte qu’ une part par région, de seulement 1,6%. Rana Adab, la directrice générale de REN 21 a partagé ses réflexions concernant cette étude sur « Your Voice with Radio Era Environnement ».

« Je suis convaincu que l’Afrique peut être au cœur d’un avenir renouvelable. »

« L’Afrique ne représente que 4 % des émissions mondiales, mais elle subit certains des effets les plus graves de la hausse des températures mondiales: les populations d’Afrique, et de partout dans le monde, ont besoin de mesures pour réagir aux phénomènes extrêmes climatiques mortels, souligne le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Et il poursuit : « Je suis convaincu que l’Afrique peut être au cœur d’un avenir renouvelable. »

Selon un récent rapport sur la transition juste en Afrique, le potentiel d’énergie renouvelable du continent est 50 fois supérieur à la demande mondiale d’électricité prévue pour l’année 2040. Le continent possède également plus de 40% des réserves mondiales de minéraux clés pour les batteries et les technologies de l’hydrogène.

« L’abondance de l’énergie éolienne et solaire en Afrique peut alimenter notre développement, créer des emplois, protéger les économies locales et accélérer l’industrialisation durable du continent, affirme le président du Kenya. Et d’ ajouter : « Alors que nous nous réunissons au Sommet africain sur le climat et à la Semaine africaine du climat, nous visons à tisser une voix africaine unique et retentissante qui portera les résultats de ces événements cruciaux à la COP28 et au-delà. »

Des opportunités pour l’Afrique ?

Deux mois après le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial à Paris, le Président du Kenya à Nairobi prône de nouveau des approches financières plus souples pour aider les pays confrontés à un endettement important, aggravé par les chocs économiques de la COVID-19 et d’autres défis. Il s’est joint à l’appel en faveur d’un effort mondial pour lever les fonds nécessaires à l’action climatique, qui comprendrait des taxes ciblées, la suppression des subventions aux combustibles fossiles et une taxe mondiale sur les combustibles fossiles.

« Le changement climatique en Afrique est plus que de simples panneaux solaires et l’Afrique ne peut pas se permettre de retarder davantage la conversation vitale sur l’adaptation alors que nos communautés souffrent déjà des ravages d’une crise climatique que nous n’avons pas causée », réaffirme le militant pour le climat, Mohamed Adow, Directeur du think-tank énergie et climat, Power Shift Africa. Pour lui, le Sommet africain sur le climat, décliné sous trois jours spéciaux est la meilleure occasion de discuter des moyens de stimuler les investissements, qui mettent au premier plan les communautés. Avant la COP 28, ce sommet est également considéré comme un moyen d’aider l’Afrique à « démontrer une approche inclusive et efficace de la politique climatique avec la voix des jeunes et des communautés », déclare Ineza Umuhoza Grace, PDG de The Green Protector, Coordinatrice Mondiale de la Coalition des Jeunes Victimes des Pertes et Dommages- Lauréate du Prix Citoyen Mondial 2023.

La COP 28 se tiendra huit ans après l’adoption de l’Accord de Paris. Il marquera le premier bilan mondial, qui est décrit comme une opportunité pour accroître l’ambition et l’action pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour les observateurs, l’intensification du financement climatique, Le soutien à l’adaptation et l’opérationnalisation du fonds pour les pertes et dommages seront également des priorités clés aux Émirats Arabes Unis.

« Les discussions à Nairobi éclaireront le bilan mondial sur les défis, les obstacles, les solutions et les opportunités pour l’action climatique et le soutien dans le contexte de l’Afrique, » soutient Simon Stiell, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC).

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