COP30 : Entre avancées fragiles et impasses, la vérité d’un négociateur africain- Alpha O. Kaloga
COP30 : Entre avancées fragiles et impasses, la vérité d’un négociateur africain- Alpha O. Kaloga*
Alpha Omar Kaloga est négociateur en chef du Groupe Afrique sur les Pertes et Préjudices

Quand on arrive à Belém, l’air lui-même vous rappelle ce que le monde risque de perdre. Il règne une
chaleur lourde, vivante, presque humide au point de coller à la peau. Chargée de l’odeur
profonde de la forêt. Cette ville, porte d’entrée de l’Amazonie, a accueilli en 2025 la COP30. La 30ᵉ Conférence des Parties à la Convention climat des Nations unies.
Le contexte
Le 22 novembre 2025, après deux semaines de discussions tendues, les marteaux de salle plénière ont finalement frappé la table. Pour beaucoup, ces COP semblent lointaines, techniques, réservées aux diplomates.
En réalité, ce sont les lieux où le monde décide – ou hésite – d’affronter la crise climatique. Derrière chaque mot négocié, derrière chaque phrase entre crochets, il y a des vies humaines, des moyens de subsistance, des budgets nationaux déjà fragiles.
Pour l’Afrique, ce n’est pas un exercice diplomatique. C’est une question de survie. Notre
continent n’émet même pas 4 % des gaz à effet de serre mondiaux. Pourtant, c’est chez
nous que les coups tombent les plus durement.
Des sécheresses qui n’en finissent plus. Nous vivons des inondations qui emportent en une nuit le travail d’une année. Des cyclones arrachent en quelques heures des infrastructures construites avec patience, courage et moyens limités.
Une COP sous tension
Chaque année, ces chocs climatiques grignotent entre 3 et 5 % de notre PIB. Ce sont des
milliards qui auraient dû financer des écoles. Elles pourraient renforcer nos hôpitaux, améliorer nos routes, offrir un avenir plus stable à nos jeunes.
C’est avec cette réalité en arrière-plan — très concrète, très lourde — que nous, négociateurs africains, avons franchi les portes des salles de Belém. Nous n’y allions pas pour philosopher sur le climat. Mais nous défendons la survie et la dignité de millions de personnes.
Une COP sous tension, dans un monde déréglé : COP30 se tenait dans un contexte
inquiétant. Dix ans après l’Accord de Paris, la trajectoire mondiale est clairement déviée. Même si tous les engagements actuels étaient respectés à la lettre, nous nous dirigeons tout droit vers un réchauffement situé entre 2,3°C et 2,8°C. Pour beaucoup, ces chiffres restent abstraits.

Pour les pays africains, ils ont déjà un visage : celui des vagues de chaleur qui deviennent
insupportables. Nos côtes reculent d’année en année. Des saisons agricoles ne
ressemblent plus à rien. Ce n’est pas un futur hypothétique. C’est simplement la suite logique
d’une crise que nous subissons déjà, saison après saison.
2025 : l’année où les crises géopolitiques redessinent les négociations climat
Et cette année 2025, le contexte géopolitique n’a rien fait pour calmer nos inquiétudes. Les États-Unis n’ont même pas jugé utile d’envoyer une délégation officielle. Les dirigeants de la Chine et de l’Inde, deux géants parmi les plus gros émetteurs, étaient absents.
Pendant ce temps, un groupe très organisé de pays producteurs de pétrole est arrivé avec un seul objectif : empêcher toute avancée sérieuse vers la sortie des énergies fossiles. Autant dire que nous savions, en entrant dans les salles de Belém, que le combat serait rude.
Mais l’endroit comptait. Négocier au bord de l’Amazonie, c’était un rappel constant : cette crise n’est pas qu’une affaire de « comptabilité carbone ». Elle concerne les forêts, les cycles de l’eau, les territoires autochtones, les écosystèmes qui nous maintiennent en vie.
Pour nous Africains, habitués à défendre les forêts du Bassin du Congo, cette symbolique résonnait particulièrement fort. Si vous demandez à un négociateur africain ce qui revient année après année, la réponse est immédiate : l’ambition en matière de réduction des émissions, et le financement climat.
Nous savons ce qu’il faut faire. Mais nous manquons d’actions concrètes des grands émetteurs et surtout de ressources prévisibles pour atténuer, s’adapter, prévenir et gérer les pertes et dommages – sans nous enfoncer dans l’endettement.
Ce que nous avons apporté de Bakou
À la COP29, à Bakou, les pays se sont mis d’accord sur un nouvel objectif mondial de
financement. Au moins 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035, dont 300 milliards en
financement public . Sur le papier, c’était ambitieux.
À Belém, l’enjeu était de transformer cette promesse en quelque chose de concret. Sur ce terrain, l’adaptation s’impose comme une victoire partielle mais réelle. Ce qui permet aux pays de faire face aux impacts déjà visibles/ protections contre les crues, agriculture résiliente, gestion de l’eau, systèmes d’alerte précoce, santé publique adaptée aux canicules et aux maladies climatiques.
Les pays africains, avec les PMA et les petits États insulaires, sont arrivés à Belém en
demandant un triplement de ces financements d’ici 2030. Au final, nous avons obtenu un
engagement à tripler d’ici 2035. Certes, cette échéance est plus tardive que ce que nous espérions. Mais, elle constitue un signal politique majeur
Encore plus décisif : la manière de fournir cet argent. Nous avons insisté pour que ce soit des
dons et des financements très concessionnels – pas davantage de prêts. Le texte final reconnaît
que l’adaptation ne doit pas aggraver les dettes. Ce n’est pas parfait, mais c’est une base solide pour continuer à demander que la finance climat ne ruine pas davantage nos économies.
Si l’objectif de 1 300 milliards est effectivement atteint, environ 120 milliards par an devraient aller à l’adaptation. Ce n’est pas suffisant. Mais ce serait déjà bien plus que ce que nous recevons aujourd’hui.
La Feuille de route Bakou–Belém
Cette feuille de route tente de répondre à la question : « d’où viendra cet argent ? »
Elle parle de :
· réforme des banques multilatérales ;
· montée en puissance des dons ;
· garanties plus efficaces ;
· financements mixtes ;
· échanges dette-contre-climat.
Le diagnostic est juste : le système financier actuel nous considère comme risqués par défaut,
ce qui renchérit nos coûts d’emprunt et ralentit l’accès à la finance. La vraie question est : ces
idées deviendront-elles des réformes concrètes, ou resteront-elles des phrases élégantes dans
une décision de COP ?
La porte est ouverte, mais la pièce est vide
Le terme « pertes et dommages » peut sembler technique, mais il décrit des réalités très
simples : des villages engloutis par la mer, des terres agricoles devenues stériles, des maisons
arrachées par les tempêtes, des sites culturels perdus à jamais. Ce sont des impacts auxquels
on ne peut plus s’adapter.
À la COP28 de Dubaï, le monde a accepté de créer un Fonds pour répondre aux pertes et
dommages. À Belém, on est passé de l’idée à un début d’opération : premier appel à projets,
cycles de reconstitution fixés, premiers paiements attendus en 2026.
Symboliquement, c’est énorme. Pendant des décennies, les pays vulnérables ont demandé la
reconnaissance de ces dommages irréversibles.
Des données qui révèlent un fossé
· 348 millions de dollars réellement versés à mi-2025 ;
· 431 millions promis au total ;
· alors que les pertes pour l’Afrique pourraient atteindre des centaines de milliards par
an d’ici 2030.
En clair : nous avons bâti la maison… mais les étagères sont vides.
Nous avons proposé des sources innovantes – taxes sur les combustibles fossiles, le transport
maritime, l’aviation. Elles ont été discutées, puis mises de côté.
Des résultats probants ?
Pour l’instant, le fonds dépend de contributions volontaires de pays qui, historiquement, ne tiennent pas toujours parole. Indicateurs d’adaptation : utiles, mais encore instables.
Un autre résultat technique mais important concerne l’objectif mondial d’adaptation de l’Accord de Paris. Pour mesurer les progrès, il fallait des indicateurs communs.
Après deux ans de travail, 59 indicateurs ont été adoptés : eau, alimentation, santé,
écosystèmes, infrastructures, moyens de subsistance, politiques publiques. Avec des volets
transversaux sur le genre, les droits humains, la technologie et les capacités.
Pour l’Afrique, cela peut aider : mieux documenter nos besoins, mieux orienter la finance.
Mais la manière dont certains indicateurs ont été modifiés au dernier moment – parfois vidés de leur contenu – a soulevé beaucoup d’inquiétudes. Certains pays en développement l’ont dit
clairement en plénière.
Qu’en est-il de la transition juste ?
Le processus « Belém–Addis » doit continuer jusqu’à la COP32 en Éthiopie. Une chance et une frustration en même temps : nous pouvons encore peser dessus, mais l’outil reste inachevé au moment où nous en avons le plus besoin.
Quand on parle de l’avenir de l’Afrique, une notion revient sans cesse : la transition juste. C’est quitter petit à petit les énergies fossiles pour miser sur les renouvelables, sans laisser sur le carreau les travailleurs, la croissance économique ou l’accès à l’énergie pour tous.
À la COP30, ils ont lancé le Mécanisme d’action de Belém (BAM), qui doit devenir la plateforme mondiale pour piloter ces changements : échanges d’expériences, mobilisation de fonds, aide technique concrète.
Pour nous en Afrique, c’est vital. Plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas
l’électricité – imaginez le défi ! Certains pays dépendent fortement du pétrole et du gaz. Une
transition juste signifie diversifier les économies, former les travailleurs, construire de nouvelles filières industrielles propres.
Face à un choix décisif : entre transition et commerce
Mais… si le mécanisme n’est pas financé, il restera un beau logo sur un document onusien.
L’un des points les plus sensibles pour nous concernait les liens entre transition et commerce.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’UE inquiète beaucoup de pays africains, car il pourrait pénaliser nos exportations industrielles même lorsqu’elles sont plus propres. Nous voulions que cela figure dans le texte final. Tout a été retiré. Le combat continue.
Énergies fossiles : la plus grande déception
Sur l’atténuation – réduire les émissions à la source – COP30 a échoué sur le point le plus
crucial. Le Brésil avait proposé une feuille de route pour sortir des énergies fossiles, soutenue par plus de 80 pays. Pour nous Africains, dont les populations subissent les conséquences
d’émissions que nous n’avons pas produites, c’était une évidence.
Mais les pays producteurs de pétrole ont bloqué. Résultat : aucune date, aucune obligation,
aucune trajectoire. C’est une défaite lourde. Tant que la production fossile mondiale augmente, les financements d’adaptation ne suffiront jamais à protéger nos communautés.
Les efforts du Brésil vains ?
Le Brésil a bien lancé deux initiatives volontaires. Louables, mais insuffisantes. La planète ne
peut pas se contenter de bonnes intentions facultatives.
Forêts, océans, biodiversité : des idées prometteuses, mais des rendez-vous manqués.
On aurait pu s’attendre, en étant à l’ombre de l’Amazonie, à un accord ambitieux sur les forêts. Le résultat a été plus discret. L’initiative la plus marquante est le lancement du Tropical Forests Forever Facility, un mécanisme innovant pour financer durablement la protection des forêts tropicales.
Ce fonds pourrait vraiment changer la donne pour les pays du Bassin du Congo — et même pour la Guinée, avec ses massifs forestiers souvent oubliés. Pour une fois, on parle d’un mécanisme qui apporte des financements plus réguliers et qui reconnaît, noir sur blanc, le rôle essentiel des communautés locales, celles qui protègent la forêt au quotidien sans jamais être rémunérées pour cela.
Mais malgré l’espoir que portait Belém, aucun accord global n’a vu le jour pour mettre fin à la déforestation d’ici 2030. Rien. Pas de feuille de route, pas d’engagement collectif. Une occasion manquée… dans le berceau même de la plus grande forêt tropicale du monde.Le symbole amazonien n’a pas suffi à surmonter les pressions économiques.Plusieurs initiatives ont été annoncées : lutte contre les incendies de forêt, bioéconomie, protection des espaces marins… Des engagements utiles, mais largement volontaires.
Marchés carbone : opportunités, mais risques réels
COP30 a surtout réalisé du « ménage technique » sur l’Article 6, transférant les fonds restants
des anciens mécanismes de Kyoto vers le nouveau système.
De nombreux pays africains continuent de miser sur les marchés carbone comme source
potentielle de financements pour la restauration, les renouvelables, la conservation.
Bien faits, ces marchés peuvent apporter des revenus importants. Mal faits, ils peuvent
déposséder les communautés, créer des contrats opaques et permettre aux pays riches de
continuer à polluer.
C’est pourquoi nous insistons sur :
· des mécanismes de partage équitable des bénéfices ;
· une consultation réelle des communautés ;
· une intégrité environnementale solide ;
· une transparence totale.
Le chantier avance, mais la vigilance reste indispensable.
Technologie et capacités : les piliers toujours manquants
S’il y a un point où tous les Africains s’accordent, c’est celui-ci : la technologie et le
renforcement des capacités sont les angles morts du régime climatique.
Nous avons besoin d’accès abordable aux technologies propres : énergie solaire, éolienne,
irrigation efficace, système d’alerte, procédés industriels propres. Et nous avons besoin des
compétences pour les utiliser.
À Belém, les textes ont répété les promesses anciennes, sans percée sur la propriété
intellectuelle ni sur les conditions d’accès. Les institutions africaines continuent d’être sous-
financées et débordées face à la complexité croissante du climat international. Cela joue contre nous dans chaque négociation.
Changer le récit africain
Un point positif : la manière dont l’Afrique a raconté son rôle cette année.
Nous ne voulons plus être vus seulement comme vulnérables. Oui, nous le sommes. Mais nous
sommes aussi porteurs de solutions.
Nous avons :
· l’un des plus grands potentiels solaires du monde ;
· des ressources éoliennes immenses ;
· une jeunesse dynamique et inventive ;
· des minerais critiques essentiels à la transition énergétique mondiale ;
· des forêts et savanes capables d’absorber du carbone ;
· des entrepreneurs qui innovent déjà.
Nous ne demandons pas seulement des financements pour « faire face ». Nous demandons des
investissements pour construire nos propres industries vertes, chez nous, pour créer de la
valeur en Afrique.
S’adapter coûte cher
Si l’on veut être honnête, la réponse tient en deux mots : oui… et non.
Oui, parce qu’il y a eu de vraies avancées, qu’il ne faut ni minimiser ni balayer d’un revers de
main. Le triplement annoncé des financements pour l’adaptation d’ici 2035 envoie un signal
politique important.
Le monde reconnaît que s’adapter coûte cher, et que les pays en
première ligne doivent être soutenus. L’opérationnalisation du Fonds pour pertes et dommages, avec des appels à projets et un calendrier de décaissement, donne corps à une revendication portée depuis des décennies par les pays vulnérables.
La création d’un mécanisme dédié à la transition juste pose, noir sur blanc, le principe qu’on ne peut pas demander aux pays en développement de verdir leurs économies sans les accompagner dans la transformation de leurs systèmes productifs et de leurs emplois. L’adoption d’indicateurs d’adaptation, même imparfaits, offre un début de boussole pour savoir si nous avançons ou si nous patinons. Le lancement d’un fonds innovant pour les forêts tropicales ouvre, lui, une nouvelle voie de financement pour les pays forestiers, notamment du Bassin du Congo.
Vers les solutions
Enfin, la confirmation que la COP32 se tiendra en Afrique, en Éthiopie, ramènera le centre de gravité des discussions climatiques sur notre continent, là où les impacts sont les plus forts et où les solutions émergent chaque jour.
Mais en même temps, non, la COP30 n’a pas été à la hauteur de ce que l’Afrique attendait, ni à
la hauteur de l’urgence climatique. Sur les points décisifs, les manques sont flagrants. Il n’y a
toujours aucune feuille de route claire pour sortir des énergies fossiles, alors même que
c’est la racine du problème. Le Fonds pertes et dommages, si difficilement arraché, reste pour
l’instant quasiment vide en regard des besoins colossaux de nos pays. Sur le transfert de
technologies, aucune percée : les belles déclarations n’ont pas encore franchi le mur des
brevets, des coûts prohibitifs et des barrières à l’accès.
Là où il aurait fallu des engagements fermes, contraignants, nous nous retrouvons avec une série d’initiatives volontaires, dépendantes du bon vouloir politique et des priorités changeantes des uns et des autres. Et sur la déforestation comme sur la justice commerciale – par exemple face à des mesures comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières – les occasions d’avancer ensemble ont été
manquées.
Ce qui inquiète le plus, au fond, ce n’est pas seulement ce qui a été décidé ou non à Belém,
mais l’écart qui se creuse entre les annonces et la réalité. Nous avons déjà vu des promesses de
financements « doublés » qui n’ont jamais été tenues. Chaque nouvelle promesse non réalisée
entame un peu plus la confiance et fait perdre un temps que nous n’avons pas. L’Afrique, elle,
n’a plus le luxe des illusions : chaque saison agricole, chaque cyclone, chaque crue nous
rappelle que le climat, lui, ne négocie pas.
COP30 à Belém : De Belém à Addis – ce que l’Afrique doit faire
À l’approche de la COP31 en Turquie, puis de la COP32 à Addis-Abeba, notre feuille de route
apparaît avec une clarté presque brutale. Nous n’avons plus le luxe du flou : nous savons
précisément ce qu’il nous reste à accomplir si nous voulons que les grandes annonces
internationales cessent d’être de belles phrases, et deviennent enfin des outils capables de
changer concrètement la vie de nos populations.
D’abord, renforcer encore davantage notre unité. Quand l’Afrique parle d’une seule voix, le
rapport de force change. À Belém, cette cohésion a pesé. Il faudra la préserver, la consolider,
l’élargir. Ensuite, exiger de vrais mécanismes de responsabilité – pour que les financements
promis soient enfin les financements versés, et que chaque engagement puisse être suivi,
vérifié, questionné.
Troisièmement, investir dans nos propres capacités, techniques comme institutionnelles.
Aucune stratégie climatique ne peut tenir si nos pays n’ont pas les ingénieurs, les économistes,
les négociateurs et les institutions capables de concevoir, exécuter et défendre nos projets.
Nous devrons aussi être présents dans les autres lieux de pouvoir
Nous devrons aussi être présents dans les autres lieux de pouvoir : le G20, les
négociations commerciales, les discussions avec les banques multilatérales, les débats sur la
dette. Beaucoup des décisions qui façonneront notre avenir se prennent loin des salles des COP.
Et nous ne pouvons plus nous permettre d’y débarquer en simples observateurs, à commenter
après coup ce qui a déjà été décidé sans nous.
Et puis, il y a une autre bataille, tout aussi essentielle : continuer à raconter nos histoires.
Celles des paysans qui réinventent leurs pratiques pour survivre aux saisons devenues
imprévisibles. Celles des jeunes qui bricolent, innovent, imaginent des solutions que personne n’attendait.
Celles des communautés qui, jour après jour, protègent leurs forêts, leurs mangroves, leurs
terres comme on protège un héritage précieux.
Ces récits-là sont notre force. Ils montrent que l’Afrique n’est pas seulement un continent
vulnérable. Elle est tenace, inventive, profondément résiliente.Ce n’est pas un naufrage »
Soyons clairs : la COP30 n’a pas été le grand basculement que beaucoup espéraient. Mais ce
n’était pas non plus un naufrage. Le multilatéralisme tient toujours — de justesse, peut-être —
mais il tient, et il continue d’offrir un espace où l’Afrique peut peser, s’affirmer, et défendre sa
vision.
Les opinions que je partage ici s’appuient sur mon expérience personnelle en tant que
négociateur africain engagé dans les processus climatiques internationaux. Elles ne reflètent pas nécessairement la position officielle d’un État africain en particulier, ni celle d’un groupe de négociation.
*Alpha Omar Kaloga est négociateur en chef du Groupe Afrique sur les Pertes et Préjudices
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